LES LIEUX EMBLÉMATIQUES

LA GROTTE DE LA BAUME

La grotte de la Baume occupe une place importante dans l’histoire des habitants de Sancey. Depuis l’antiquité, elle sert de refuge à la population. En 1610, Jean-Jacques Chifflet après avoir, non sans mal, visité la grotte, signala dans son ouvrage « Vesontio civitas imperialis » (Lyon 1618) que « celle-ci regorgeait de vivres, d’armes et de munitions et que son accès était fermé par des portes en fer. » Durant la guerre de Dix Ans (1634-1644), le comté « franc » de Bourgogne (Franche-Comté), alors région autonome du St Empire, perd les deux tiers de sa population à la suite des massacres, de la famine, de l’exil ou de la peste. Lors de l’invasion des Suédois les « schwèdes », alliés des Français, la grotte sert de refuge à la population de février à juillet 1639. L’aménagement de la grotte comprend notamment trois étages constitués de planchers, posées dans les entailles des parois de la salle principale, pour une surface d’environ 1100 m2. Les étages étaient accessibles par des échelles et des plans inclinés, permettant de franchir les portes en évitant le lit de crue de la rivière.

Les réfugiés barricadés dans la grotte défirent, en février 1639, l’expédition des Suédois de Rosen. Invaincus, les réfugiés quittèrent la grotte en juillet 1639 pour y retourner brièvement en mars 1644 lors de l’ultime raid suédois dans le vallon.

Lors de la conquête de la Franche-Comté par Louis XIV, fut déposé en 1674 le « coffre de la communauté ». Au cours de la Révolution, la grotte servit de cachette aux prêtres réfractaires et à Sainte Jeanne-Antide. La grotte sert enfin une dernière fois de refuge en 1944 lors du repli de l’armée allemande.

RUE DES MARTELOTS, BESANCON

C’est dans cette rue de Besançon, à proximité de la porte Rivotte que Jeanne-Antide Thouret fonde une école le 11 avril 1799. A partir d’octobre, une pharmacie vient s’ajouter à cette structure. Sensible à la condition des élèves fréquentant l’école, Jeanne-Antide décide d’ouvrir l’année suivante, en septembre 1800 « un bouillon pour les pauvres ». Deux siècles avant les restos du cœur, Jeanne-Antide accueille les plus démunis dans ce qui est l’une des plus anciennes institutions comtoises. Dès lors la rue des Martelots est réputée pour « les Sœurs du bouillon et des Petites Écoles » qui appliquent avec zèle la mission de la congrégation : « Éduquer, nourrir, partager, soigner ».

En 2016 Le « Bouillon des Pauvres » devenu « Fourneau Économique – Boutique Jeanne-Antide » accueille 60 000 visiteurs et leur fournit petits déjeuners et repas, soins médicaux, douches, lavages du linge etc…. D’autre part, 70 000 repas sont également distribués tout au long de l’année.

REGINA COELI, NAPLES

En 1808, Joachim Murat obtient de Napoléon le trône de Naples. Il lance à son arrivée toute une série de réforme inspirée du code Napoléon, et s’emploie à lutter contre la pauvreté. Sur le conseil de Laetitia Napoléon, mère de l’empereur, il convie les Sœurs de la Charité à Naples.

Le couvent Regina Coeli

Le 3 Octobre 1810, une petite caravane part du Doubs. Jeanne-Antide mène bien sûr l’expédition. Après 1600 kilomètres parcourus en 27 jours jusqu’à Rome, elle arrive enfin à Naples le 18 Novembre 1810. On leur attribue un ancien couvent, « Regina Coeli ».

Regina Coeli est un couvent dédié à Sainte Marie, Reine du ciel, bâti au 16e siècle après le violent séisme de 1561. Les moines occupent l’église jusqu’en 1810, avant d’être transférés au monastère de Gesù e Maria. Les Sœurs de la Charité de Santa Giovanna Antida Thouret s’installent sur le lieu. Au départ, les difficultés sont très importantes pour les soeurs : les français sont perçus comme des occupants, les subventions promises n’arrivent pas et malgré la bienveillance du roi, la situation est souvent dramatique. Juste à côté de Reginal Coeli se trouve l’hôpital des incurables, qui est confié aux Soeurs. Cet hôpital accueille 1200 malades, soldats étrangers et habitants de Naples ainsi qu’une maternité et un asile d’aliénés.

L’église Régina Coeli

Jeanne-Antide est venue accompagner la délégation pour un court séjour, elle pense rentrer au bout de quelques mois. Elle restera finalement à Naples jusqu’à sa mort, 16 ans plus tard, le 24 Août 1826. L’ordre est toujours propriétaire du complexe en 2014.

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